Ses mots étaient pesés. Voici un de ses rares textes sur son geste de peintre.
« … Où peindre serait plus de l’ordre de l’expérience, non pas d’une expérience technique apte à la fabrication d’images, mais des expériences de confrontation avec la matière, provoquant accidents et événements, surgissements souvent à son insu et qui changent la donne, qui redistribuent les cartes, qui dispersent ce qui était coagulé en une belle forme.
Il ne s’agit pas ici de reprendre un motif, mais de poursuivre, de rejouer l’alternance des couleurs, des formes. Un seul trait peut être à l’origine de bascule, d’équilibre précaire ; un changement de couleur peut ouvrir à l’enthousiasme, à la dépression, à l’amour, à la haine… bref, peindre, c’est aussi dépeindre, mettre en jeu ce qui était en jachère, nouvelle mise en tension dans un rapport à un impossible à dire.
Il ne s’agit pas de trouver la dernière pièce du puzzle, mais de faire l’expérience, comme disait Amy Sillman, que « la peinture est expérience, que l’art est la sensation de morceaux qui ne vont pas ensemble ».
Retravailler à partir de l’accident, de l’événement, c’est accepter une relance et non pas faire œuvre de repentir.
Sont à l’œuvre le trait, la forme et la couleur. Leur appariement est producteur d’événements.
La peinture n’est pas la production d’images, mais la dispersion. Julia Kristeva dit de la couleur qu’elle est « l’éclatement de l’unité ».
La couleur n’a pas fonction de coloriage, la forme ne reproduit pas l’existant. Le trait n’est pas trait d’union, il peut être trait d’humour, voire trait d’esprit, fissure, limite… Le trait peut aussi faire figure tout en défigurant. »
+33 (0) 6 79 86 35 06
contact@atelierpierrekieffer.com
24 Rue de Verdun, 67000 Strasbourg
+33 (0) 6 79 86 35 06
info@atelierpierrekieffer.com
Atelier Pierre Kieffer © 2026.
Tous droits réservés
Politique de confidentialité
Mentions légales