.

Un bruit qui court...

En juin 2023, Pierre Kieffer montre enfin son œuvre et s’inscrit, l’année suivante, à ses premiers Ateliers ouverts. Plus de 400 toiles et dessins, ce n’est pas rien. Rien que de la bonne peinture.
Les connaisseurs saluent. Tout de suite, il en vend deux.

Moins d’un an plus tard, près du jardin qu’il avait pensé et conçu avec Renée, son épouse, près du jardin qui fut – peut-être – une première source d’inspiration, c’est la chute.

Pierre disparaît et Renée se retrouve face à ses toiles, ces centaines de toiles, avec peu de mots pour en parler, tant Pierre n’expliquait rien. Alors qu’en faire ?

Contenant toutes ses œuvres, l’atelier Pierre Kieffer est demeuré intact, avec ses outils, ses matériaux et les traces d’un processus artistique interrompu : palettes, pigments, papiers, collages, les toiles achevées ou en cours, mais aussi des notes, des ouvrages, des photographies et les créations d’autres artistes.

Une parole suspendue

Un bruit qui court est le titre d’une très brève vidéo de Pierre Kieffer, réalisée par Renée à l’attention de leurs petits-enfants. Trésor de simplicité, l’enregistrement relève tout à la fois de l’instant familial, du legs philosophique et de la performance artistique. Et c’est un esprit vif, tendre et fort, se jouant des mots, que l’on rencontre dans cet autoportrait en acte.

Avec lui se dessine quelque chose de plus vaste. Sans s’expliquer, la parole, jointe au geste et au visage, produit une image, un son, un rythme qui circule, se transmet, résiste au-delà de l’instant où la voix l’énonce. D’un claquement mat, les doigts qui courent sur la table tracent une cadence. L’œuvre, déjà, se fraye un passage dans les mémoires pour s’y établir.

Choisi par l’artiste et son épouser pour une adresse intime, ce titre – presque en suspend – résonne aujourd’hui comme une indication, et peut-être même une injonction. Par ces mots venus du vivant et devenus depuis parole d’outre-temps, Pierre Kieffer aura, sans le savoir, nommé lui-même le mouvement à venir : celui d’une œuvre appelée à circuler après lui, et celui du programme de résidences initié bientôt, par Renée, dans son atelier. 

Les principes d'une résidence

Le principe en est simple : inviter un artiste ayant connu, de près ou de loin, Pierre Kieffer, ou un artiste sensible à son travail et à son parcours, à séjourner dans son atelier conservé intact.

_

Il s’agit ainsi de rencontrer l’œuvre, de l’interroger mais aussi d’éprouver la présence laissée par Pierre, d’en collecter les indices et d’engager avec lui un dialogue libre d’où pourra émerger une création nouvelle.

 

A l’occasion de  première résidence Un Bruit qui court, l’Atelier Pierre Kieffer accueillera, du 3 mars au 24 mai, les plasticiennes Ghazal Sabzi Foroozani et Marie Wargnier Zirekian pour un travail de narration.

Cette résidence poursuit le travail qu’elles ont entrepris l’une sur le recensement et le classement de œuvres du peintre, l’autre sur la manière dont son œuvre s’est construite, sur la personnalité et la figure de l’artiste

Atelier Pierre Kieffer © 2026.
Tous droits réservés

Politique de confidentialité
 Mentions légales